Aidez la résilience du GPS face à la Russie avec ce simple changement

Un article récent du New York Times a des implications profondes et inquiétantes pour les États-Unis. Il rend compte des conclusions de chercheurs de l’Université du Texas selon lesquelles les satellites russes interfèrent délibérément avec les signaux GPS dans une large partie du nord de l’Europe, du Groenland et du Canada depuis 2019.

Ces événements d’interférence sont la preuve qu’une arme électronique est utilisée en secret. Ils ont été sporadiques, de très courte durée, légèrement décalés par rapport au signal GPS principal et très difficiles à détecter. Les mêmes satellites interfèrent avec Bei Dou, le système de navigation par satellite chinois, d’une manière presque identique depuis 2020. Cela semble lever tout doute quant à l’intention et au but du système russe.

Bien qu’aucun événement similaire n’ait été observé aux États-Unis, les satellites russes sont capables d’atteindre n’importe où sur le globe. Et Moscou a l’habitude d’interférer et de menacer d’interférer avec le GPS pour atteindre ses propres objectifs.

L’exemple le plus inquiétant s’est produit en novembre 2021, lorsque la Russie massait ses troupes le long de la frontière avec l’Ukraine. Lors d’une démonstration similaire au test antisatellite chinois en 2007, la Russie a détruit un satellite défunt avec un missile basé au sol, générant négligemment des milliers de débris orbitaux pour envoyer un message menaçant selon lequel les systèmes spatiaux étrangers ne sont pas sûrs. Quelques jours plus tard, les médias parrainés par l’État l’ont rendu explicite, menaçant que la Russie abattrait les 32 satellites GPS si l’OTAN se mettait en travers de son chemin en Ukraine.

À l’époque, les analystes s’accordaient à dire que la Russie n’avait pas la capacité de mettre à exécution sa menace de détruire tous les satellites. Mais une analyse récente indique qu’en réalité, ils avaient la possibilité de bloquer les signaux GPS dans le monde entier, y compris en Europe et aux États-Unis.

Nous savons que la Russie et la Chine disposent de systèmes terrestres qui complètent et sauvegardent les signaux essentiels de navigation et de synchronisation depuis l’espace fournis par le GPS et d’autres systèmes de navigation par satellite. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Nos alliés au Royaume-Uni, en France, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite et ailleurs ont construit ou sont en train de construire des systèmes de navigation terrestre et de chronométrage pour protéger leurs pays en cas de perturbations du GPS. L’existence de ces systèmes de secours rend les services de navigation par satellite des cibles beaucoup moins attrayantes en niant les avantages d’une attaque contre les signaux satellite, ce qui est une théorie de dissuasion consacrée.

Les signaux GPS sous-tendent pratiquement toutes les technologies et infrastructures critiques. Une perturbation importante aurait pu provoquer des bouleversements sociaux et un chaos économique. En fait, Marc Berkowitz, l’actuel secrétaire adjoint à la guerre pour la politique spatiale, a décrit cette « asymétrie NAVWAR » comme un danger important pour l’Amérique dans un article de 2024.

Malheureusement, le gouvernement américain n’a pas encore pris de mesures concernant un tel système, bien que les responsables de l’administration et les membres du Congrès aient évoqué un besoin urgent.

Depuis plus de 20 ans, cette question relève de la responsabilité d’un comité intergouvernemental de haut niveau dirigé par les ministères de la Défense et des Transports. Pourtant, ce processus n’a pas permis de réaliser des progrès significatifs sur une alternative ou une sauvegarde du GPS.

De nombreux experts et groupes consultatifs ont observé que le leadership et la gouvernance du pays en matière de GPS et des services essentiels de positionnement, de navigation et de synchronisation (PNT) qu’il fournit nuisent au succès. La responsabilité est trop diffuse et aucun dirigeant n’est chargé ni habilité à résoudre le problème.

Il ne s’agit pas d’un problème technologique : nous disposons aujourd’hui de plusieurs technologies matures pour protéger l’Amérique. Parmi les options envisageables, des analyses privées et gouvernementales ont conclu que la combinaison des signaux spatiaux avec la diffusion terrestre et la synchronisation sur fibre créerait une architecture de système de systèmes presque impossible à perturber. Une telle architecture pourrait être rapidement mise en œuvre par le biais de contrats commerciaux avec des fournisseurs prêts, disposés et capables.

Mais nous avons d’abord besoin d’un leadership fort. La vulnérabilité du GPS constitue un grave problème de sécurité nationale et de nombreux ministères fédéraux ont un rôle à jouer. Mais si c’est la responsabilité de chacun, personne n’est responsable.

L’administration doit charger l’un des deux principaux départements concernés – la Défense ou les Transports – d’établir un ou plusieurs systèmes pour sauvegarder, compléter et protéger le GPS. Cela doit inclure une source de financement cohérente, ainsi qu’un calendrier réaliste mais agressif pour conclure un contrat avec les entreprises. Cette désignation pourrait avoir lieu à tout moment puisque les autorités statutaires appartiennent à la Maison Blanche, aucune législation n’étant nécessaire. Et bien que le financement soit toujours un problème, le montant nécessaire pour cette capacité essentielle est une « poussière budgétaire » comparé aux sommes dépensées pour d’autres efforts de sécurité nationale.

Il est temps de déménager. Sinon, nous attendrons simplement le jour où un adversaire exploitera notre vulnérabilité et portera atteinte à la nation.

Le général William Shelton, de l’USAF (à la retraite), a été commandant de l’Air Force Space Command de 2011 à 2014. Il travaille désormais comme consultant indépendant.

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