Le fabricant européen de réservoirs KNDS reporte son introduction en bourse en raison de la « volatilité du marché »

BELFAST — Le constructeur franco-allemand de véhicules terrestres KNDS a décidé de suspendre indéfiniment son projet d’introduction en bourse, invoquant des inquiétudes concernant la « volatilité du marché » de la défense européenne.

Les actionnaires ont fait part à la société de « leur intention de reprendre le processus d’introduction en bourse (« IPO ») dès le retour de conditions de marché plus favorables », selon un communiqué publié mercredi.

KNDS a déclaré avoir « achevé la quasi-totalité des phases de préparation requises pour son inscription proposée ». L’entreprise, qui produit notamment le char de combat principal Leopard 2, doit être cotée à Francfort et à Paris.

« KNDS et ses actionnaires continueront de surveiller de près les conditions des marchés des capitaux et se tiendront prêts à reprendre le processus d’introduction en bourse dès que les conditions du marché le permettront », ajoute le communiqué.

Avant le report, le lancement potentiel d’actions de plusieurs milliards de dollars devait avoir lieu en juin, selon Bloomberg. Comme Breaking Defense l’a précédemment rapporté, en préparation de l’introduction en bourse de KNDS, la France et l’Allemagne ont finalisé le mois dernier un accord qui permet aux deux pays de devenir actionnaires à parts égales du géant européen.

À l’époque, Berlin et Paris avaient déclaré qu’en signant un accord-cadre, ils avaient franchi « une étape décisive vers le renforcement de leur souveraineté commune en matière de défense terrestre ».

Le communiqué du KNDS publié mercredi n’a pas précisé les préoccupations des actionnaires, mais des décisions majeures en matière de défense ou des limites évoquées dans les plans de dépenses ont récemment bouleversé le paysage européen de la défense. Par exemple, en juin, l’Allemagne a décidé d’annuler le programme de frégates F126, qui valait plusieurs millions de dollars. À la suite de cette décision, les actions du géant allemand de la défense Rheinmetall ont chuté de 20 %, un plus bas depuis 15 mois, réduisant de 11 milliards d’euros sa valeur marchande, selon Reuters.

Capital Alpha Partners, une société de prévision, a déclaré dans une note aux investisseurs du 26 juin que la semaine précédente avait été « difficile » pour les valeurs européennes de défense en général. Parmi les autres raisons potentielles du ralentissement de Rheinmetall, il y a une décision prise outre-Atlantique lorsque le sous-comité de défense des crédits de la Chambre (HAC-D) a supprimé le programme de véhicules blindés XM-30 de l’armée dans sa majoration du budget du DoD pour l’exercice 27, que poursuit la division américaine de Rheinmetall.

De plus, le resserrement de la ceinture des dépenses de défense de la part de l’Italie « pourrait » expliquer la « faiblesse » financière à laquelle sont confrontés les fournisseurs de défense locaux, notamment Leonardo et Fincantieri, a évalué Alpha.

L’initiative de KNDS en faveur d’une introduction en bourse intervient quelques mois après que la cotation du groupe tchécoslovaque (CSG) à la bourse Euronext d’Amsterdam a permis au producteur d’armes et de munitions d’obtenir une valeur marchande supérieure à 33 milliards d’euros (37,8 milliards de dollars).

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