Le Japon cherche de nouveaux missiles à portée étendue dans le cadre d’une demande de budget de défense record de 55 milliards de dollars

SINGAPOUR — Le ministère japonais de la Défense devrait poursuivre sa tendance à des budgets de défense record d’année en année, demandant 8,89 billions de yens (55,6 milliards de dollars) dans sa dernière proposition budgétaire.

Parmi les nouveaux types d’armes recherchées par le Japon figurent le missile à portée étendue AGM-88G (Advanced Anti-Radiation Guided Missile-Extended Range) de Northrop Grumman (AARGM-ER), ce qui marque la première fois que le Japon déclare vouloir acquérir un missile anti-radar dédié.

Le ministère a publié lundi sa demande de budget annuel pour le prochain exercice budgétaire, qui débutera en avril. Contrairement aux années précédentes, les chiffres et les coûts d’acquisition pour de nombreux éléments répertoriés dans la demande n’ont pas été inclus, probablement parce que le Japon n’a pas encore publié trois documents clés en matière de sécurité nationale – la stratégie de sécurité nationale, la stratégie de défense nationale et le programme de renforcement de la défense – qui confirmeront les priorités d’achat du pays et le nombre de plates-formes qu’il va acquérir. Ces documents sont attendus plus tard cette année.

En tant que tel, le budget ne mentionne que l’acquisition de plates-formes, telles que des chasseurs supplémentaires Lockheed Martin F-35 de cinquième génération, des avions-citernes Boeing KC-46, des avions de transport Kawasaki C-2 et des avions anti-sous-marins P-1, ainsi que des frégates améliorées de classe Mogami au cours du prochain exercice financier, sans révéler les chiffres ni les coûts pour chaque élément.

Néanmoins, le document, qui n’a été publié qu’en japonais, donne un aperçu des priorités militaires du Japon, notamment une préférence pour l’acquisition de missiles à distance, de drones et d’IA parmi ses principaux piliers de défense.

Outre les missiles AARGM-ER, le budget vise également à acheter de nouveaux missiles de croisière à faible coût, non spécifiés. Ces armes comprendront un mélange de systèmes acquis à l’étranger et seront suivies du développement d’un équivalent national, conformément à la demande budgétaire.

La demande budgétaire prévoit également l’acquisition d’un missile guidé lancé par un sous-marin avec 16,3 milliards de yens réservés au programme, ainsi que le développement d’un module de lancement de missile à distance pour les véhicules sous-marins sans pilote.

Le Japon cherchera également à développer son missile antinavire supersonique à lancement aérien ASM-3 existant en une arme air-air à longue portée, selon la demande budgétaire. Le Japon souhaite rejoindre la Chine, la Russie et les États-Unis dans le développement de telles armes pour contrer les adversaires dotés de moyens aériens de grande valeur, tels que des avions aéroportés d’alerte précoce et des avions ravitailleurs.

Les avions sans pilote figurent également en bonne place dans la demande de budget de cette année, avec 292,2 milliards de yens demandés pour acquérir 17 drones General Atomics MQ-9B SeaGuardian à moyenne altitude et longue endurance (MALE) supplémentaires pour la Force d’autodéfense maritime japonaise, s’ajoutant aux trois déjà exploités par les garde-côtes japonais.

7,6 milliards de yens supplémentaires sont recherchés pour l’acquisition de drones intercepteurs, et cela pourrait faire référence à l’intercepteur TerraDrone Terra B1 sélectionné par l’Agence japonaise d’acquisition, de technologie et de logistique comme lauréat d’un contrat d’acquisition rapide le 25 août.

La demande de budget indique également que le Japon exploitera l’IA dans un futur système de commandement et de contrôle qui sera capable « d’intégrer et d’analyser rapidement les données pour garantir un avantage décisionnel grâce à la sélection des cibles et à la connaissance de la situation ».

Il finira par migrer vers une plate-forme cloud classifiée et développée localement qui résistera aux perturbations provoquées par des adversaires.

La demande de budget va maintenant être soumise au ministère japonais des Finances pour approbation, ce qui est attendu plus tard cette année.

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