Le Canada et l’Ukraine vont produire conjointement des technologies de défense, dans le cadre d’un « partenariat de 100 ans »
MILAN — Le Canada et l’Ukraine ont signé un accord de défense à long terme pour produire conjointement des technologies sans équipage, des systèmes de lutte contre les drones et des munitions, alors que le besoin de Kiev en armements augmente dans un contexte d’intensification des attaques russes.
Lors d’une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Calgary, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé jeudi une série d’accords pour soutenir le pays déchiré par la guerre dans le cadre d’un « partenariat de 100 ans ».
« Le Canada et l’Ukraine forgent un partenariat de gouvernement à gouvernement à long terme pour produire conjointement des systèmes sans équipage, des technologies de lutte contre les drones et des munitions prioritaires – combinant l’expérience ukrainienne sur le champ de bataille avec la fabrication, les logiciels et l’IA canadiens », a déclaré le bureau de Carney dans un communiqué.
L’un des nouveaux partenariats est entre la société canadienne General Dynamics Mission Systems et la société ukrainienne Green Tech Harvest, qui a signé un accord pour explorer la coproduction de drones « de conception ukrainienne », selon un communiqué de presse de l’entreprise.
En outre, le Canada s’est engagé à investir environ 350 millions de dollars pour acheter des intercepteurs de défense aérienne par l’intermédiaire du programme multinational conjoint ukrainien dirigé par les États-Unis, également connu sous le nom de JUMPSTART. Dans le cadre de ce mécanisme, les alliés peuvent financer l’achat d’équipements, de services ou de formations militaires pour l’Ukraine en fonction de ses besoins pour se défendre contre la Russie.
« Je suis reconnaissant envers le Canada pour le nouveau paquet de défense. Il renforcera avant tout notre défense aérienne, à la fois nos Patriot et nos avions de combat (…) », a écrit Zelensky sur X, soulignant que 21 pilotes ukrainiens sont formés au Canada, dans le cadre de ce qu’il a qualifié de « renforcement important ».
Bien que les détails précis sur le fonctionnement de la coopération en matière de drones soient rares, le président ukrainien a ajouté dans un autre message que, dans le cadre du nouvel accord, « le Canada est prêt à passer de grosses commandes » et que « 30 % de la production (de drones) sera transférée en Ukraine ».
Lors d’une réunion du Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, tenue mardi à Kiev, le nouveau ministre ukrainien de la Défense, Yevhenii Khmara, a déclaré que le pays manquait de 27 milliards de dollars de financement pour la fourniture de drones.
Ottawa s’est en outre engagé à dépenser 23 millions de dollars pour renforcer la capacité de Kiev à « détecter, prévenir et répondre aux menaces hybrides » affectant la sécurité civile. Le document du gouvernement canadien indique que le financement soutiendra les besoins de la police, de la garde nationale et de l’armée du pays, ainsi que contribuera à lutter contre la désinformation.
Le nouveau marché canadien des drones de défense
Le gouvernement canadien a également dévoilé jeudi un nouveau marché de drones numériques, inspiré du cluster technologique de défense Brave1, soutenu par le gouvernement ukrainien, qui sert de plate-forme de coordination pour accélérer l’innovation militaire.
« L’accord d’approvisionnement sur le marché de l’Initiative sur les drones de défense garantira un approvisionnement fiable, rapide et continu en drones pour les Forces armées canadiennes et la Garde côtière – les alliés auront un accès privilégié à 400 fournisseurs canadiens de confiance », a déclaré Carney.
Le projet agira comme une sorte de portail d’approvisionnement pour les capacités de drones et de contre-drones en connectant les opérateurs et les clients à l’industrie canadienne de la défense. Le gouvernement a attribué jusqu’à 50 millions de dollars de contrats initiaux à six entreprises nationales fabriquant principalement des véhicules terrestres sans pilote et des drones de renseignement, de reconnaissance et de surveillance.
Ce financement est destiné à décupler le nombre de drones déployés par la CAF.
