La Belgique et l’Inde s’associent pour l’assemblage local de fusées de 70 mm et une vague d’accords industriels
BELFAST — L’Inde a conclu un accord avec la Belgique pour produire localement des fusées de 70 mm fabriquées par Thales, dans le cadre d’une vaste série de nouveaux accords industriels signés par les deux pays.
L’ensemble de 10 accords, qui comprennent également la production de munitions et la collaboration en matière de systèmes navals de lutte contre les mines, ont été signés lors d’une visite de travail dans ce pays d’Asie-Pacifique par le Premier ministre belge Bart de Wever, le ministre de la Défense Theo Francken et 15 entreprises de défense belges.
Fruit d’une collaboration entre Thales Belgique et Kalyani Strategic Systems, la première fusée de 70 mm produite « entièrement » en Inde, est attendue « début 2027 », a indiqué le ministère belge de la Défense dans un communiqué. « La coopération fonctionne dans les deux sens : l’Inde développe sa propre capacité de production, tandis que Thales bénéficie d’une source d’approvisionnement supplémentaire pour les commandes internationales. »
Le ministère a ajouté que cette décision renforcerait également la sécurité européenne de l’approvisionnement en fusées.
Parmi les autres liens industriels clés, citons un projet de production de munitions évalué à 50 millions d’euros (58 millions de dollars) entre le fabricant de machines liégeois New Lachaussée et Tembo Classic Engineering en Inde. New Lachaussée fournira une ligne de production complète pour deux calibres de munitions, ainsi que des outillages pour deux calibres supplémentaires, selon un communiqué de presse belge. Au total, une capacité de production d’environ 100 millions de cartouches par an est prévue, avec des livraisons prévues pour 2028 et 2029.
Par ailleurs, un partenariat entre Exail Belgium et Larsen & Toubro verra la société européenne fournir au gouvernement indien des boîtes à outils autonomes permettant de détecter, identifier et neutraliser les mines navales.
Exail est également sous contrat pour fournir conjointement aux marines belge et néerlandaise 12 navires de lutte contre les mines (MCMV).
Par ailleurs, l’Anglo Belgian Corporation (ABC) est en pourparlers avec Kirloskar Oil Engines qui pourraient conduire ABC à offrir son expertise pour soutenir Kirloskar dans la construction du premier moteur diesel marin 6MV entièrement produit en Inde.
Concernant les liaisons aériennes, la société flamande Sol.One et DGVK Enterprises travaillent ensemble pour introduire sur le marché indien un drone quadriplan armé conçu pour attaquer les chaînes d’approvisionnement connu sous le nom de Saboteur, ainsi que des drones intercepteurs à bas prix baptisés Buzzkill et Hitchhiker. Le communiqué de presse belge précise que les forces armées indiennes ont demandé des informations sur les différents avions et souhaitent les tester. « Si ces tests s’avèrent concluants, cela pourrait rapidement conduire à une commande à grande échelle », ajoute-t-il.
Outre ces partenariats individuels, un accord de coopération entre l’Industrie belge de sécurité et de défense (BSDI) et la Society of Indian Defence Manufacturers (SIDM) a également été signé. « Cela permettra à nos entreprises de participer plus facilement au co-développement dans le cadre de l’initiative Make in India », a déclaré Bruxelles.
« L’ampleur est énorme. L’Inde modernise l’une des plus grandes forces armées au monde », a déclaré Francken. « Pour les entreprises dont la technologie accède à ces programmes, cela peut rapidement se traduire par des commandes et des contrats importants. L’accord entre BSDI et SIDM ouvre cette porte. »
Au-delà des questions industrielles, Bruxelles et New Delhi ont également signé une lettre d’intention relative à la « coopération structurelle » entre les deux parties.
Cela comprend la formation, les échanges entre officiers, la recherche et le développement, les exercices conjoints et la sécurité maritime.
Rajnath Singh, le ministre indien de la Défense, a déclaré aujourd’hui sur X que plusieurs protocoles d’accord et contrats avaient été signés « afin de tirer parti de la technologie belge ainsi que des compétences et de l’échelle indiennes ».
